Des Américains pensent avoir détecté les mers tant attendues de Titan

Publié le par dita

Le 14 mars 2007

Titan confronte désormais l'astronomie à un problème de vocabulaire qui ne se posait que sur Terre. Sachant que les étendues, potentiellement liquides, que la sonde américano-européenne Cassini vient de découvrir sur la principale lune de Saturne sont plus vastes que les grands lacs d'Amérique du Nord, mais plus petits que la mer Caspienne, comment convient-il de les appeler ? Lacs ou mers ? Sur Terre, la superficie, l'enclavement dans les continents ou la salinité n'ont pas toujours aidé à clarifier les définitions. Sur Titan, le contenu supposé des dépressions repérées par le radar de Cassini ne sera d'aucun secours dans ces futures querelles. Pas d'eau salée ni douce, mais des hydrocarbures (méthane et éthane) liquides aux - 180o C ambiants.

 

Cette différence n'a pas refroidi l'enthousiasme des scientifiques de la NASA qui ont annoncé la nouvelle, mardi 13 mars, au congrès de planétologie de Houston. Tant d'astronomes ont prédit l'existence d'océans d'hydrocarbures sur Titan qu'ils ne pouvaient être déçus plus longtemps. L'atterrissage, sans naufrage, de Huygens, la sonde européenne portée par Cassini, puis la détection de vastes régions de dunes avaient mis à mal leur pronostic. L'observation, en juillet 2006, de surfaces interprétées comme des lacs leur avait redonné espoir.

ZONES LISSES, ZONES RUGUEUSES

Cette fois, les étendues observées dans les contrées les plus septentrionales de Titan devraient sceller la revanche de la thèse liquide. A défaut d'océans, les chercheurs américains n'ont pas hésité à utiliser le terme de mers, en se basant sur des chiffres. La plus vaste des étendues repérées présente une superficie minimale de 100 000 km2, soit 0,12 % de la surface de Titan, alors que la mer Noire ne couvre que 0,085 % de notre planète. Qualifier la dernière découverte de Cassini de "lacustre" pourrait donc sembler réducteur.

Au-delà de la symbolique des mots, les chercheurs de la mission vont surtout s'attacher à étayer leur conclusion. Comme pour les lacs de 2006, les observations du radar apportent des fortes présomptions sur la présence d'une étendue liquide, mais pas de démonstration définitive. Sur les images transmises, les zones qui ne renvoient pas les ondes du radar - manifestation classique de la présence d'un liquide - apparaissent en noir et sont cernées de zones plus grises, donc plus rugueuses, qui peuvent être vues comme les reliefs d'un littoral.

Mais d'autres interprétations sont encore possibles. Et rien ne prouve que d'éventuels hydrocarbures couvrent la totalité des structures observées. D'autres instruments de la sonde et d'autres survols rapprochés de l'astre - à commencer par celui du mois de mai - vont donc chercher à confirmer la nature de ces régions du pôle Nord qui ont peut-être, enfin, révélé les mers attendues de Titan.

 

source : http://www.lemonde.fr/

 

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