Y-a-t-il de la vie sur Mars?

Publié le par dita

Le 9 décembre 2006

Les scientifiques de la NASA, montrent fièrement les dernières images en provenance de la sonde Mars Global Surveyor.

Deux rigoles, deux marques d'érosions fraîches, sur les flancs d'un cratère tendraient à prouver les signes d'une activité récente, activité que l'équipe américaine met sur le compte d'écoulement d'une quantité d'eau non négligeable, équivalant à plusieurs piscines terriennes. C'était le 6 décembre dernier.

Une autre forme de vie Pas de quoi révolutionner le monde a priori, sauf qu'il s'agit de Mars – bien plus qu'une planète, une usine à fantasmes, un miroir de la Terre dans lequel l'homme se perd avec bonheur et frissons depuis le 19e siècle, avide autant qu'effrayé d'y trouver les signes d'une autre vie.

Car la quête de l'eau sur la planète rouge ne sert aucune autre arrière-pensée que celle de découvrir une autre forme de vie, fut-elle bactérienne et enfouie à plusieurs mètres sous le sol martien, là où une hypothétique activité hydrothermale offrirait à des organismes le loisir de se déployer.

En effet, ni la température, très basse sur Mars, ni son atmosphère, trop ténue, ne permet à l'eau d'exister durablement sous forme liquide en surface. Mais cela n'exclut pas le sous-sol où une chaleur résiduelle pourrait fournir assez d'énergie pour liquéfier l'eau et permettre un environnement favorable à la vie.

C'est en retenant cette hypothèse que Georges Bush peut annoncer, comme il l'a fait il y a une semaine, que les Etats-Unis envisagent d'installer désormais une base sur la Lune. Un projet très ambitieux, mais invendable au public s'il n'offre comme seule perspective l'étude de sols lunaires rigoureusement stériles. La Lune a donc besoin de Mars. Raison pour laquelle le président des Etats-Unis s'est empressé de préciser que notre satellite naturel serait un tremplin vers la planète rouge.

«Les Etats-Unis rêvent de reprendre l'initiative spatiale, explique Pierre Lagrange, sociologue des sciences au CNRS et auteur d'un guide touristique de… Mars. Le choix de la navette spatiale les a maintenus trop longtemps en orbite basse. Nombreux sont ceux qui entendent retrouver le souffle et la grandeur des premières missions Apollo.»

Un terrain de conquête

Si on pratique un peu le raccourci, on pourrait même avancer que Mars est un terrain de conquête fort tranquille comparé à certains théâtres d'opération terrestres moins pacifiques. Un homme sur Mars est un ticket pour la gloire, une entrée certaine dans la grande histoire. Et si la facture de cette mission est certainement très élevée, il suffit de rappeler que selon Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie, le coût de la guerre en Irak avoisinerait les 2000 milliards de dollars pour un gain de prestige extrêmement discutable.

Est-ce pour autant que les Etats-Unis, sans doute appuyés par les Européens, les Russes, les Japonais et les Chinois, enverront réellement une mission sur Mars? Le sociologue français en doute. «C'est une mission à très hauts risques. Il peut arriver tellement de choses dans un tel voyage. Et les Etats n'ont pas forcément envie de les prendre, eux qui gouvernent plutôt en fonction du risque zéro et du principe de précaution.»

Alors quoi, enterré le projet martien? Pas forcément pense Pierre Lagrange qui verrait bien le secteur privé se saisir de l'affaire, s'inspirant d'initiatives comme celle de la compagnie Virgin qui aujourd'hui prospecte très sérieusement le marché du tourisme spatial. «Imaginez un peu l'impact médiatique et publicitaire d'une telle mission pour des sociétés. Imaginez que le premier homme sur Mars soit sponsorisé par une célèbre marque de soda.»

De l’eau liquide vraiment?

C'est en comparant des photos prises à quelques années d'écart par la sonde Mars Global Surveyor que les scientifiques de la NASA ont noté un changement notoire: l'apparition de deux ravines sur les bords d'un cratère, colorées de façon claire, laissant penser que les traces sont fraîches et qu'elles ont été provoquées par un épisode torrentiel soudain d'une eau qui aurait jailli des profondeurs.

Mais cette conclusion se base surtout sur une étude géomorphologique comparant ces traces martiennes avec des figures d'érosion bien connues sur Terre. Or même si les effets se ressemblent, ils ne sont pas forcément provoqués par la même cause.

Le doute vient de ce que l'eau sur Mars, du fait de la température et de la pression, ne peut exister sous forme liquide. Certains chercheurs avancent plutôt l'idée de glace carbonique dont la liquéfaction peut intervenir à des températures très basses.

D'autres suggèrent que ce n'est pas du liquide, mais des vents et des éboulements rocheux qui dessineraient ces figures. Ces dernières pourraient même être la conséquence de dégazages soudains.

Dans un récent article de Nature, un scientifique, Phil Christensen, décrivait ce qu'il pense être des geysers gazeux de dioxyde de carbone. Ces geysers pourraient atteindre 200 mètres de haut. Le Soleil les déclencherait en réchauffant la surface de Mars. L'eau martienne reste donc un sujet trouble.

source : http://www.tdg.ch/tghome.html

 

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