En 2008, Soyouz sera lancé à Kourou

Publié le par dita

Le 2 décembre 2006

Commencée en janvier, la construction de l'aire de lancement bat son plein.

 
UNE GRANDE, une moyenne, une petite : avec Ariane 5, Soyouz et Vega, l'Europe aura constitué dans deux ans une « écurie » spatiale capable de lui offrir une indépendance d'accès à l'espace inégalée à ce jour. Que ce soit en orbite basse ou géostationnaire (36 000 km d'altitude) et pour tous les types de satellites.
 
Si tout se passe comme prévu, Vega effectuera son vol inaugural depuis le port spatial de Kourou, en Guyane, vers la mi-2008. Elle sera suivie, le 21 novembre, du lanceur russe Soyouz, sous ses nouvelles versions 2-1A et 2-1B, qui décollera d'une zone aménagée sur un terrain de 90 ha, au nord-est de Kourou, près de la ville de Sinnamary.
 
« L'accord avec la Russie a été conclu en 2003 et les premières pelleteuses sont entrées en action en janvier 2005. À l'heure qu'il est, nous achevons les travaux de terrassement et nous commençons à couler du béton », explique Michel Debraine qui supervise, pour le compte de l'ESA, ce chantier de 221 millions d'euros, dont la maîtrise d'oeuvre a été confiée à Vinci.
 
Particulièrement impressionnant, le creusement du carneau - un trou de 28 m de profondeur pour 130 m de côté destiné à canaliser les jets de flammes et les ondes sonores au moment du tir - a déplacé pas moins de 250 000 m³ cube de gravats et de roches qui sont concassés sur place pour fournir les matériaux nécessaires au chantier.
 
Plus de 3 tonnes de charge
 
Par rapport à Baïkonour (Kazakhstan), où plus de 1 700 Soyouz ont déjà été lancés, le dernier étage de la fusée, qui transporte la charge utile, sera assemblé à la verticale sur le pas de tir et non pas à l'horizontale. « Cela permettra d'intervenir plus facilement en cas de pépin sans avoir besoin de rapatrier le lanceur dans le bâtiment d'assemblage », explique Michel Bartolomey, de la société Arianespace qui est chargée de la commercialisation des lanceurs européens.
 
Autre avantage, du fait de la proximité de l'équateur, Soyouz pourra placer en orbite géostationnaire depuis Kourou des charges utiles environ 80 % plus lourdes qu'à Baïkonour, située beaucoup plus au nord. Pour une 2-1B, la capacité d'emport passera ainsi de 1,7 t à un peu plus de 3 t.
 
En rythme de croisière, il est prévu une moyenne de trois tirs par an. Un contrat a d'ores et déjà été signé avec le CNES pour le lancement des Pléïades, ses futurs satellites d'observation de la Terre.

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