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Jeudi 24 janvier 2008
Le 23 janvier 2007

Depuis quelques années, un problème fascine l’astrophysicien Yvan Dutil : lorsque vous envoyez un message qui mettra, dans le meilleur des cas, une cinquantaine d’années à parvenir à un éventuel destinataire, vous avez intérêt à raconter quelque chose d’intéressant. Autrement, la réponse risque de ne jamais venir…

Depuis les pictogrammes envoyés avec les sondes américaines Pioneer, dans les années 70, l’humanité a lancé plusieurs messages vers l’espace dans l’espoir que d’éventuels extraterrestres finissent par les recevoir (premier coup de chance), soient capables de les décrypter et de les comprendre (deuxième coup de veine) et décident d’y répondre (c’est le gros lot).

Enseignant au Campus Notre-Dame-de-Foy et professeur associé au département de physique de l’Université Laval, M. Dutil a participé à l’élaboration de deux des plus récents envois, soit des messages radio lancés en 1999 et en 2003. Les travaux qu’il a menés à ce sujet avec Stéphane Dumas, actuellement président de la Société royale d’astronomie du Canada à Québec, ont notamment permis de rendre les signaux que nous envoyons vers l’espace plus résistants aux distorsions — lesquelles ne manquent pas de survenir lorsqu’une onde doit traverser plusieurs années-lumière.

De fil en aiguille, cependant, MM. Dumas et Dutil en sont venus à examiner le contenu de ces messages, qu’ils ont trouvé, pour tout dire, un peu morne : des notions de mathématiques et de physique de base ainsi que des bribes d’information sur la biologie et la biochimie de l’espèce humaine.

À ce compte, se dit M. Dutil, «on pourrait se contenter d’envoyer un signal radio sans information», puisqu’il est très facile de distinguer les signaux provenant de sources naturelles de ceux émis par des sources artificielles. Ces derniers émettent en effet toujours un large éventail de fréquences en même temps, tandis que les fréquences émises artificiellement sont beaucoup plus homogènes. Une civilisation extraterrestre maîtrisant les ondes radio pourrait aisément faire la différence — et peut-être même, en théorie, nous détecter d’où elle est.

«En radio, dit M. Dutil, ce que la Terre émet de plus visible, ce sont les ondes des radars de défense contre les missiles balistiques. Mais tout ce que ça fait, un radar, c’est d’envoyer un signal pulsé; ça ne contient pas d’information. (…) Et pour indiquer notre intention de communiquer, il faut mettre du contenu.

«Le problème, avec le contenu des messages précédents, c’est qu’on choisit des choses qu’on connaît et que l’autre civilisation sait déjà, car pour capter nos messages radio, il faut pouvoir construire un radiotélescope, et donc posséder certaines notions de mathématiques et de physique. On établit donc un langage commun, ce qui est important, mais ça s’arrête là. On n’échange pas beaucoup de choses intéressantes.»

source : http://www.cyberpresse.ca/

 

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