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Vendredi 8 décembre 2006

Le 7 décembre 2006

Les astronomes européens en rêvent : pouvoir braquer un télescope géant sur l’immensité de l’univers. Ils ont dessiné les contours de cet Extremely large telescope (ELT) la semaine dernière, lors d’un colloque organisé à Marseille. Les États membres du conseil de l’ESO, l’Observatoire européen austral, devraient

donner le feu vert à une étude approfondie du projet aujourd’hui. Avec ses

42 mètres de diamètre, l’ELT serait le plus grand télescope terrestre au monde. Coût du projet : 800 millions d’euros pour une mise en service en 2018. Explications avec Catherine Cesarsky, directrice générale de l’ESO et présidente de l’Union astronomique internationale.

Pourquoi cet « extrêmement grand télescope » ?

Catherine Cesarsky. Actuellement, le VLT (« Très grand télescope », exploité au Chili depuis 2001, NDLR) permet des avancées énormes en astrophysique. En fait, c’est la conjugaison de tous les instruments au sol et dans l’espace, souvent complémentaires, qui nous permet de mieux comprendre l’univers. Cela nous mène à de nouvelles questions pour lesquelles on a besoin d’instruments encore plus fins. Par exemple, le James Webb spatial telescope (JWST) des États-Unis doit remplacer Hubble dans l’espace, avec un miroir de 6,5 mètres. Hubble peut faire des images très fines, mais avec son miroir de 2,6 m, il ne recueille pas suffisamment de photons pour faire de la spectrométrie, qui permet d’étudier la nature des objets célestes. Il a donc fallu un télescope comme le VLT pour comprendre les phénomènes qui ont eu lieu très tôt dans l’univers.

Quelles sont les différences entre l’ELT et le remplaçant de Hubble, le JWST ?

Catherine Cesarsky. D’abord, on ne peut pas envoyer dans l’espace des télescopes aussi grands. Ensuite, l’ELT permet de faire des études fines et détaillées, impossibles autrement que sur Terre. C’est un peu comme si nous recueillions dans un seau les photons qui nous arrivent. Plus le seau est grand, plus on en recueille. Pour l’instant, nos systèmes ne permettent de voir que de grosses planètes extrasolaires autour de petites étoiles. Et encore, de façon indirecte. Ce que nous voulons, c’est « imager » ces planètes, les voir directement. Plus que cela, on aimerait « imager » des planètes qui ressemblent à celles du système solaire, autour d’étoiles qui ressemblent au Soleil.

Concernant l’origine de l’univers, qu’est-ce que le nouveau télescope nous apprendra ?

Catherine Cesarsky. Il y a quelques années, on a découvert que l’expansion de l’univers était en accélération. On l’a découvert en observant des supernovas (une étoile qui explose - NDLR) lointaines. Avec l’ELT, on pourra voir des supernovas plus proches dans le temps du début de l’univers. Le télescope pourra aussi mesurer la vitesse d’expansion de l’univers, puis de nouveau quinze ans après, et voir ainsi de combien elle a changé, de façon directe.

Quel est l’enjeu pour la recherche européenne ?

Catherine Cesarsky. Il n’y a pas que l’univers qui est en expansion. Notre connaissance de l’univers aussi. L’astrophysique est dans son âge d’or. Au XIXe siècle, l’Europe était évidemment en tête des découvertes, puis a complètement perdu son leadership. La construction du VLT nous l’a rendu. Entre-temps, les États-Unis se sont imposés avec le télescope Hale, installé en 1949 sur le mont Palomar en Californie, et Hubble dans l’espace. Le premier télescope de l’ESO, créé pour sortir l’Europe de l’ornière, n’a été inauguré qu’en 1986.

Actuellement, les États-Unis travaillent aussi sur deux projets de télescope de 30 m et de 21,5 m de diamètre. La science a besoin d’autant d’instruments ?

Catherine Cesarsky. Il y a tellement de choses à faire qu’il y a la place pour deux, voire trois télescopes de cette taille. D’autant qu’il existe une véritable envie de coopération. L’astronomie n’avance pas avec un instrument, mais avec l’ensemble des techniques.

source : http://www.humanite.presse.fr/

Mercredi 6 décembre 2006

NEW YORK (Reuters) - L'institut de recherche en astronomie Astron a déclaré s'être associé à International Business Machines, premier groupe mondial de services en technologie, pour concevoir des microprocesseurs destinés à un projet de radiotélescope astronomique d'étude des galaxies.

Les puces seront intégrées à des milliers d'antennes dans le cadre du projet d'Astron de construire un prototype appelé SKADS/EMBRACE, considéré comme la première étape du plus grand radiotélescope au monde, le Square Kilometer Array (SKA), ont déclaré les partenaires.

Le but du radiotélescope SKA est d'aller fouiller aux confins de l'espace pour observer l'évolution des galaxies et de la matière noire, déclare Astron dans un communiqué.

Les termes financiers de l'accord n'ont pas été révélés.

source : http://www.latribune.fr/

 

 

 

Samedi 2 décembre 2006

Le 2 décembre 2006

Commencée en janvier, la construction de l'aire de lancement bat son plein.

 
UNE GRANDE, une moyenne, une petite : avec Ariane 5, Soyouz et Vega, l'Europe aura constitué dans deux ans une « écurie » spatiale capable de lui offrir une indépendance d'accès à l'espace inégalée à ce jour. Que ce soit en orbite basse ou géostationnaire (36 000 km d'altitude) et pour tous les types de satellites.
 
Si tout se passe comme prévu, Vega effectuera son vol inaugural depuis le port spatial de Kourou, en Guyane, vers la mi-2008. Elle sera suivie, le 21 novembre, du lanceur russe Soyouz, sous ses nouvelles versions 2-1A et 2-1B, qui décollera d'une zone aménagée sur un terrain de 90 ha, au nord-est de Kourou, près de la ville de Sinnamary.
 
« L'accord avec la Russie a été conclu en 2003 et les premières pelleteuses sont entrées en action en janvier 2005. À l'heure qu'il est, nous achevons les travaux de terrassement et nous commençons à couler du béton », explique Michel Debraine qui supervise, pour le compte de l'ESA, ce chantier de 221 millions d'euros, dont la maîtrise d'oeuvre a été confiée à Vinci.
 
Particulièrement impressionnant, le creusement du carneau - un trou de 28 m de profondeur pour 130 m de côté destiné à canaliser les jets de flammes et les ondes sonores au moment du tir - a déplacé pas moins de 250 000 m³ cube de gravats et de roches qui sont concassés sur place pour fournir les matériaux nécessaires au chantier.
 
Plus de 3 tonnes de charge
 
Par rapport à Baïkonour (Kazakhstan), où plus de 1 700 Soyouz ont déjà été lancés, le dernier étage de la fusée, qui transporte la charge utile, sera assemblé à la verticale sur le pas de tir et non pas à l'horizontale. « Cela permettra d'intervenir plus facilement en cas de pépin sans avoir besoin de rapatrier le lanceur dans le bâtiment d'assemblage », explique Michel Bartolomey, de la société Arianespace qui est chargée de la commercialisation des lanceurs européens.
 
Autre avantage, du fait de la proximité de l'équateur, Soyouz pourra placer en orbite géostationnaire depuis Kourou des charges utiles environ 80 % plus lourdes qu'à Baïkonour, située beaucoup plus au nord. Pour une 2-1B, la capacité d'emport passera ainsi de 1,7 t à un peu plus de 3 t.
 
En rythme de croisière, il est prévu une moyenne de trois tirs par an. Un contrat a d'ores et déjà été signé avec le CNES pour le lancement des Pléïades, ses futurs satellites d'observation de la Terre.
 

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