Texte Libre
Posez vos questions ici
Le 15 mars 2007
Un cosmologiste de l'University of Toronto à l'écoute de la "musique cosmique" est le tout dernier lauréat de la Médaille d'or Gerhard-Herzberg en sciences et en génie du Canada, le prix le plus prestigieux en sciences au Canada.
Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) rendra hommage à M. Richard Bond lundi prochain, le 19 mars, à Ottawa. Nommée en l'honneur de Gerhard Herzberg, lauréat canadien d'un prix Nobel, cette médaille, qui est décernée annuellement, s'accompagne d'une garantie de financement à la recherche de un million de dollars au cours des cinq prochaines années.
A titre de directeur de l'Institut canadien d'astrophysique théorique (ICAT), de 1996 à 2006, M. Bond a fait la promotion du mandat de l'organisme, qui vise l'adoption d'une approche pancanadienne à l'établissement d'une science de calibre mondial, attirant des stagiaires postdoctoraux de partout au Canada et dans le monde. Il a été nommé Officier de l'Ordre du Canada en 2005 et est membre de la Royal Society of London et de la Société royale du Canada. M. Bond est l'astronome canadien le plus cité, ayant à son crédit plus de 12 000 citations.
"Je félicite M. Bond d'avoir remporté ce prix très prestigieux et j'applaudis sa contribution exceptionnelle à l'astronomie canadienne, a affirmé Colin Carrie, secrétaire parlementaire du ministre de l'Industrie. Ses travaux ont aidé le Canada à attirer et à retenir au pays de jeunes chercheurs, ce qui est essentiel pour contribuer à faire du Canada un chef de file en astronomie pour les générations actuelles et futures."
"La Médaille Herzberg du CRSNG couronne les travaux de chercheurs canadiens qui se distinguent par la même influence et la même excellence personnifiées par Gerhard Herzberg au cours de sa carrière, a souligné la présidente du CRSNG, Mme Suzanne Fortier. Richard Bond incarne certainement ces traits, en raison de ses travaux de recherche et de son travail à titre de cofondateur et directeur de l'ICAT."
Depuis plus de 25 ans, les travaux de recherche de M. Bond ont contribué d'une façon remarquable à apporter des réponses aux questions les plus profondes auxquelles tente de répondre la science au sujet de l'origine, de l'histoire et de la nature de l'Univers. En analysant le rayonnement de fond cosmique (l'énergie lumineuse la plus ancienne qu'un télescope peut détecter), il a trouvé des façons de brosser un tableau détaillé des événements qui se sont produits juste après le big bang et qui ont donné à l'Univers sa structure actuelle.
Grâce à une combinaison de travaux théoriques et expérimentaux, M. Bond a exploré l'origine de la structure à grande échelle de l'Univers, en s'attachant tout particulièrement à la matière sombre, une composante importante de l'Univers qui n'a pas encore été observée directement, mais qui peut être détectée en raison de son effet gravitationnel. Au fil des ans, M. Bond a contribué à l'évolution de la cosmologie pour la rendre de plus en plus précise afin de déterminer la taille, la forme et l'âge de l'Univers.
Les autres finalistes à la Médaille Herzberg du CRSNG étaient M. Gilles Brassard, de l'Université de Montréal, et M. John Jonas, de l'Université McGill. Tous deux recevront le Prix d'excellence du CRSNG et une subvention de recherche de 50 000 dollars du CRSNG.
Le processus de sélection repose sur une évaluation des candidats par des pairs à l'échelle internationale et sur la décision d'un éminent comité de sélection du CRSNG. Cette année, la présidence du comité était assurée par M. Edwin Bourget, membre du Conseil du CRSNG et vice-recteur à la recherche à l'Université de Sherbrooke.
Le CRSNG est un organisme fédéral chargé d'investir dans les gens, la découverte et l'innovation au profit de tous les Canadiens. L'organisme investit dans les gens en accordant un appui à quelque 23 000 étudiants universitaires et stagiaires postdoctoraux. Le CRSNG fait la promotion de la découverte en offrant un appui financier à plus de 11 000 professeurs d'université chaque année et favorise l'innovation en incitant environ 1 300 entreprises canadiennes à investir dans la recherche et la formation universitaires. Au cours des dix dernières années, le CRSNG a investi six milliards de dollars dans la recherche fondamentale, les projets universités-industrie et la formation de la prochaine génération de scientifiques et d'ingénieurs du Canada.
source : http://www.ccnmatthews.com/
Le 14 mars 2007
Titan confronte désormais l'astronomie à un problème de vocabulaire qui ne se posait que sur Terre. Sachant que les étendues, potentiellement liquides, que la sonde américano-européenne Cassini vient de découvrir sur la principale lune de Saturne sont plus vastes que les grands lacs d'Amérique du Nord, mais plus petits que la mer Caspienne, comment convient-il de les appeler ? Lacs ou mers ? Sur Terre, la superficie, l'enclavement dans les continents ou la salinité n'ont pas toujours aidé à clarifier les définitions. Sur Titan, le contenu supposé des dépressions repérées par le radar de Cassini ne sera d'aucun secours dans ces futures querelles. Pas d'eau salée ni douce, mais des hydrocarbures (méthane et éthane) liquides aux - 180o C ambiants.
Cette différence n'a pas refroidi l'enthousiasme des scientifiques de la NASA qui ont annoncé la nouvelle, mardi 13 mars, au congrès de planétologie de Houston. Tant d'astronomes ont prédit l'existence d'océans d'hydrocarbures sur Titan qu'ils ne pouvaient être déçus plus longtemps. L'atterrissage, sans naufrage, de Huygens, la sonde européenne portée par Cassini, puis la détection de vastes régions de dunes avaient mis à mal leur pronostic. L'observation, en juillet 2006, de surfaces interprétées comme des lacs leur avait redonné espoir.
ZONES LISSES, ZONES RUGUEUSES
Cette fois, les étendues observées dans les contrées les plus septentrionales de Titan devraient sceller la revanche de la thèse liquide. A défaut d'océans, les chercheurs américains n'ont pas hésité à utiliser le terme de mers, en se basant sur des chiffres. La plus vaste des étendues repérées présente une superficie minimale de 100 000 km2, soit 0,12 % de la surface de Titan, alors que la mer Noire ne couvre que 0,085 % de notre planète. Qualifier la dernière découverte de Cassini de "lacustre" pourrait donc sembler réducteur.
Au-delà de la symbolique des mots, les chercheurs de la mission vont surtout s'attacher à étayer leur conclusion. Comme pour les lacs de 2006, les observations du radar apportent des fortes présomptions sur la présence d'une étendue liquide, mais pas de démonstration définitive. Sur les images transmises, les zones qui ne renvoient pas les ondes du radar - manifestation classique de la présence d'un liquide - apparaissent en noir et sont cernées de zones plus grises, donc plus rugueuses, qui peuvent être vues comme les reliefs d'un littoral.
Mais d'autres interprétations sont encore possibles. Et rien ne prouve que d'éventuels hydrocarbures couvrent la totalité des structures observées. D'autres instruments de la sonde et d'autres survols rapprochés de l'astre - à commencer par celui du mois de mai - vont donc chercher à confirmer la nature de ces régions du pôle Nord qui ont peut-être, enfin, révélé les mers attendues de Titan.
source : http://www.lemonde.fr/
Le 13 mars 2007
La Chine n'entend pas se satisfaire de sa mauvaise réputation de puissance destructrice de vaisseaux en orbite. Un mois après le tollé suscité par son tir de ball-trap contre un de ses propres satellites, elle vient de présenter un programme bien plus consensuel. A côté des essais militaires, des vols habités et des projets lunaires, plusieurs missions d'astronomie sont désormais planifiées, comme le rapporte, lundi 12 mars, le très officiel quotidien China Daily. Le journal cite un plan gouvernemental pour le développement de la science spatiale qui porte sur les cinq prochaines années. Il assure que les scientifiques chinois se sentent désormais prêts à lancer leur première sonde d'astronomie en 2010. Ce télescope spatial sera dévolu à l'observation des rayons X "durs" émis par le cosmos.
Les Chinois confirment qu'ils entendent poursuivre leurs collaborations avec d'autres pays. Avec les Russes, ils souhaitent participer à un projet de télescope dans l'ultra-violet. Ils veulent aussi embarquer à bord de la mission de récupération d'échantillons sur Phobos, une des deux lunes de Mars. Le vaisseau russe porterait un micro-satellite chinois destiné à se glisser en orbite martienne.
DIVERSION
Une coopération est aussi lancée avec la France pour l'envoi, vers 2011, d'une sonde d'étude des éruptions solaires alors que notre étoile atteindra son pic d'activité. Ce projet, confirmé au CNES, s'inscrit dans la continuité de la première collaboration entre l'Agence spatiale européenne et la Chine, avec les deux satellites de la mission Double Star lancés en 2003-2004.
Les missions lunaires comporteront également de la science. La première, Chang'e-1, vient de voir son lancement repoussé à octobre. Pour Philippe Coué, auteur de La Chine veut la Lune (à paraître fin mars aux éditions A2C Medias), la mise en avant, aujourd'hui, du programme scientifique aurait aussi pour but de faire diversion après cette déconvenue, qui suit d'autres échecs récents, comme le placement sur une mauvaise orbite d'un satellite Beidou, un des maillons d'un système de navigation éventuellement concurrent du GPS américain ou du futur Galileo européen.
source : http://www.lemonde.fr/
Le 9 mars 2007
L'observatoire franco-allemand des rayons gamma (photons) de très haute énergie H.E.S.S. (High Energy Stereoscopic System) a reçu le 7 mars le prix Descartes 2007. Depuis 2000, ce prix récompense des équipes de scientifiques pour les résultats de travaux de recherche transnationaux. Il leur a été attribué pour la qualité de leurs résultats sur "l'univers non-thermique" ou 'univers violent" permettant d'établir un nouveau domaine de l'astronomie. L'observatoire a été construit principalement par des laboratoires français et allemands auxquels se sont jointes des équipes d'autres pays européens et de l'Afrique australe. En France, il associe des laboratoires du CNRS (IN2P3 et INSU) et du CEA (Dapnia).
Les résultats de l'observatoire H.E.S.S sont salués par le Prix Descartes comme des grandes premières en astronomie gamma:
- Première image en rayons gamma d'un vestige de supernova. Dans notre Galaxie, les explosions d'étoiles sous forme de supernovæ produisent des ondes de choc qui balayent le milieu interstellaire pendant des milliers d'années. Les rayons gamma sont alors émis par des particules accélérées dans l'onde de choc de l'explosion. Ce résultat a permis de progresser vers la solution du mystère de l'origine des rayons cosmiques ;
- Première cartographie systématique à ces énergies de la région centrale de notre Galaxie qui a multiplié par dix le nombre de sources connues de rayons gamma ;
- Etude détaillée du rayonnement de très haute énergie en provenance du voisinage du trou noir au centre de notre Galaxie ;
- Découverte d'un rayonnement diffus, vraisemblablement dû aux interactions des rayons cosmiques dans les nuages moléculaires ; ces particules pourraient avoir été accélérées par l'onde de choc d'une supernova qui a explosé il y a 100.000 ans près du centre de notre Galaxie ;
- Découverte de l'émission gamma d'un système binaire abritant un trou noir stellaire ou une étoile à neutrons ; cette émission varie avec une périodicité de l'ordre de quatre jours, ce qui en fait la première "horloge cosmique" à ces énergies ;
- Découverte d'un rayonnement en provenance du centre d'une galaxie proche (M87), indiquant par sa variabilité rapide qu'on sonde le voisinage immédiat ou l'horizon d'un trou noir ;
- Découverte de plusieurs noyaux actifs de galaxie à des distances cosmologiques, démontrant que l'Univers est beaucoup plus transparent aux rayons gamma que ce qu'on croyait jusqu'alors.
L'expérience H.E.S.S. sera bientôt complétée par un très grand télescope de 28 mètres de diamètre au centre du réseau des 4 instruments actuels. Cette nouvelle phase de l'expérience permettra à la fois d'améliorer la sensibilité et de permettre un recouvrement avec la gamme d'énergie couverte par le satellite d'astronomie gamma GLAST de la NASA, qui doit être lancé en 2007. Les équipes de H.E.S.S. sont également partie prenante dans un projet de grand réseau de télescopes Tcherenkov, en collaboration avec d'autres équipes travaillant dans le même domaine ; ce projet, nommé "Cherenkov Telescope Array" ou CTA, permettra de multiplier par 10 la sensibilité et d'accroître considérablement les sources d'information.
source : http://www.techno-science.net/

